Obscurité, lumière, changement… Un drôle de méli-mélo!

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L’obscurité, la lumière: deux face d’une même pièce. Il n’y a pas de lumière sans obscurité, ni d’obscurité sans lumière.

Mais qu’est-ce que cela signifie ? Que nous sommes soit dans l’obscurité, soit dans la lumière ? Que l’obscurité est le mal et la lumière le bien ? C’est souvent ce que j’entends… « La force obscure ! »

Est-ce que de parler ainsi ne crée pas une séparation entre les deux ? Est-ce que ces deux facettes, ne sont-elles pas étroitement liées ? N’est-ce pas ensemble qu’elles forment une seule et même pièce ? Et les décrire comme bien ou mal, n’est-ce pas porter un jugement ?

Pour que vous compreniez la suite de cet article, il me semble important de préciser que je vais parler ici essentiellement de ce que nous sommes, de ces différentes expériences que nous vivons, de ces différentes parties qui nous habitent. Nous avons tous des parties de nous, des comportements, des actes, des paroles de nous que nous jugeons comme plus sombres, moins belles et d’autres comme lumineuses et belles.

Pendant longtemps, j’ai fait partie de groupes, j’ai participé à des ateliers, qui parlaient des parties obscures, des parties sombres comme de choses à libérer, à se détacher, à couper comme si ces parties étaient néfastes, à effacer !

Aujourd’hui, je me suis détachée de tout cela, car aujourd’hui je crois que dans chaque partie sombre se trouve la lumière. Elle est là. On ne la voit peut-être pas. Elle est cachée. Elle est juste derrière. Mais elle est bel et bien présente. Les deux sont liés. Les deux ne peuvent pas vivre l’une sans l’autre.

Et cela pour moi est important. Car si nous parlons uniquement de parties sombres, cela justifie la nécessité de s’en libérer, de s’en détacher. Alors que si nous acceptons le fait que les deux sont liés, que chaque partie est obscurité et lumière, l’obscurité n’est plus à rejeter mais à écouter. Je dis « à écouter » car pour moi, ses parties obscures existent car elles ont un message pour nous. Elles viennent nous parler d’une blessure, d’une souffrance, d’une douleur qui nous habitent et que nous n’avons pas encore vue. Et tout cela dans quel but ? Nous permettre de grandir, de nous libérer, d’avancer sur notre chemin plus sereinement, plus aligné avec notre vérité intérieure.

Je vous parle de tout cela car trop souvent, je rencontre des mamans qui veulent changer. Elles veulent changer car elles n’aiment pas une partie de ce qu’elles sont. Elles veulent changer car elles rejettent une partie de ce qu’elles sont. Elles veulent changer car elles nient une partie de ce qu’elles sont.

L’envie de vouloir changer est juste. Je suis d’ailleurs la première à proposer des ateliers et des suivis individuels dans cette optique : changer pour se rapprocher de la personne qui vibre en nous, changer pour être plus libre.

Ce qui parfois me dérange est l’impulsion de départ. Changer pour quoi ? Pour oublier ? Pour rejeter ? Pour nier ? Pour effacer ? Pour faire comme si cela n’avait jamais existé ? Qu’est-ce que cela apporterait ?

Oublier ? Rejeter ? Nier ? Effacer ? Faire comme si ?

Est-ce que cela vous semble juste ? Est-ce que ces parties d’elles-mêmes qu’elles décrivent comme mauvaises, mal, malsaines, moins belles sont-elles vraiment tout cela, rien que cela ?

Que certains comportements, actes, gestes, paroles transmettent cette impression, je l’entends bien et je le comprends aussi. Mais je ne suis pas convaincue que cela soit le chemin le plus aligné, peut-être le plus facile, mais certainement celui qui crée un effet de boomerang le plus puissant.

Qu’est-ce que j’entends par là ? Tout ce que nous rejetons, nions, effaçons, oublions, faisons comme si, reviendront tôt ou tard dans notre vie, sur notre chemin et souvent de façon plus forte, plus prononcée.

Notre cerveau a la capacité de se programmer pour ne plus voir ses parties de nous que nous n’aimons pas. Lorsqu’on rejette, nie, efface, oublie, fait comme si, le cerveau envoie juste un message qui dit « si tu arrives à te convaincre que ça n’existe pas, ça disparaîtra ! ». Mais entre nous, lorsque vous faites comme si un problème n’existait pas, est-ce qu’il disparaît réellement. Nous connaissons tous la réponse à cette question… Non ! Alors pourquoi dans ce cas-là, ce serait différent ? Pourquoi lorsque cela nous concerne personnellement se serait autrement ?

Et si au lieu d’entrer en lutte et de vouloir absolument changer, si au lieu de créer une réalité depuis des sentiments tels que le rejet, l’oubli, le déni, l’illusion, vous vous asseyez et vous écoutez cette partie de vous. Vous écoutez son histoire. Vous écoutez son message. Vous écoutez les mots qu’elles vous partagent. Vous ressentez ce qu’elle réveille dans votre corps. Vous lui offrez un espace pour s’exprimer. Vous lui offrez un espace pour exister. Qu’est-ce que tout cela changerait ?

Au lieu de lutter contre vous-mêmes, vous créez un espace de respect pour vous, vous créez un espace de partage pour vous, vous créez une espace d’amour pour vous. Tout cela rien que pour vous, de vous à vous. En résumé, vous vous offrez de l’amour !

Et à ce moment-là, le changement prend un autre chemin. Le changement ne prend plus naissance depuis un rejet, un déni, un oubli, une illusion. Le changement n’est plus guidé par le nécessité de fuir une situation désagréable, une soi-disant partie obscure. Mais il prendra naissance dans l’amour, l’amour de soi.

Et entre vous et moi, n’est-ce pas ce que vous apprenez à vos enfants ? S’aimer pour tout ce qu’il est ? Apprendre à s’aimer dans tout ce qu’il est ? ses défauts ? ses qualités ? au travers de toutes les expériences qu’il vit ? Je suis sûre que oui !

Alors pourquoi l’apprendre à vos enfants et ne pas vous l’offrir à vous-même, cette tolérance, cet accueil, cet amour ? Nous sommes souvent plus indulgents avec les autres qu’avec nous-mêmes.

Mais les autres, ce monde extérieur à vous, est-il plus important que vous ? A-t-il plus de valeur que vous ? Si vous ne le savez pas, je vous le dis : Vous avez tout autant de valeur que tous les êtres vivants sur cette terre. Je parlerai peut-être de cela dans un autre article.

En attendant, demandez-vous juste qu’est-ce qui vous pousse à changer et quel chemin souhaitez-vous prendre celui du rejet ou celui de l’amour ?

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